vendredi 29 juin 2012

Improbables eaux thermales

Souvenir : il y a deux mois, j'étais à Monterrey, petit village situé à côté de Huaraz dans la cordillère des Andes, au nord du Pérou, profitant des eaux thermales du lieu.
L'eau y sourd à 48° (rassurez-vous, l'autre bout de la piscine n'est pas aussi chaud), et doit aux sels ferrugineux cette belle couleur marron. Quelques heures avant de rentrer à Lima et deux jours avant le retour en France, je me retrouvais à faire des longueurs à 2700 mètres d'altitude dans ces eaux étranges, avant de voir tomber la pluie, en ayant le sentiment de vivre quelque chose d'assez improbable. Un grand moment !
De la piscine de Monterrey, il est loisible d'admirer un paysage de montagne verdoyant.
^ Oh oh, l'orage menace ! Mais de l'eau chaude sur de l'eau chaude, de toutes façons... 

Le Pérou compte pas mal de sources d'eau chaude et de baños aux propriétés thermo-médicinales réputées, que ce soit pour soigner les rhumatismes, le stress ou autres contrariétés de la santé qui est, selon une belle définition, "le silence des organes". Mais lorsque l'eau y est si chaude, il est fortement déconseillé d'y rester plus de 20 à 30 minutes afin, dit-on, de préserver ces derniers.

Les Péruviens aiment bien ces lieux de thermalisme : dans pas mal d'endroits, lorsque les conditions s'y prêtent, on peut trouver à la fois des piscines et des petits bains individuels ou matrimoniaux, qui ne désemplissent pas los fines de semana. Mais toutes les sources ne sont pas exploitées, loin de là ! Voici quelques autres lieux curieux :
^ Du côté du glacier de Pastoruri, le chemin passe par la source de Pumapashimin, source minérale gazéifiée :  là encore, il est assez improbable de constater qu'à 5000 mètres d'altitude, l'eau fait des bulles !

^ Un site archéologique connu comme El baño del inca, du côté de Vilcashuain (département d'Ayacucho). 

Les bassins de la ville Los Baños del Inca, proche de Cajamarca, de jour ^... et de nuit v : la température dépasse les 70° à certains endroits, et ça fume !


dimanche 17 juin 2012

jeudi 14 juin 2012

"Le Pol Pot péruvien"

Recension de Paulo A. Paranagua publiée dans Le Monde du 15 juin.

Il est délicat d'établir un classement de l'horreur. Pourtant, parmi les Latino-Américains fourvoyés dans la lutte armée, l'organisation péruvienne Sentier lumineux a manié comme aucune autre la terreur de masse. A tel point que ces maoïstes andins ont été appelés "polpotistes", car leur cruauté rappelait celle des Khmers rouges dirigés par Pol Pot.

La Commission d'enquête pour la vérité et la réconciliation évalue à plus de 69 000 les morts et disparus dans le conflit armé déclenché par le Sentier lumineux, tout au long des années 1980. Dans la majorité des cas, la responsabilité est imputable aux insurgés, même si les forces armées ont leur part d'exécutions sommaires et de disparitions, prenant souvent les paysans entre deux feux.

Ecrivain, scénariste, journaliste, Santiago Roncagliolo a voulu comprendre, alors que la plupart des Péruviens préfèrent tourner la page. Il a eu la persévérance et le talent nécessaires pour rendre visite à d'anciens militants du Sentier lumineux en prison et percer leur langue de bois. Pareil discours entretient un très vague rapport avec les réalités sur lesquelles il prétend agir. D'où la perplexité de l'opinion contemporaine et des historiens qui se penchent sur ses acteurs, avec le recul du temps.

Santiago Roncagliolo était particulièrement attiré par le principal dirigeant du Sentier lumineux, Abimael Guzman, qui se considérait comme la "quatrième épée" du communisme international, après Lénine, Staline et Mao. Ce personnage assez opaque, effacé derrière ses proclamations politiques, objet d'un culte digne d'une secte religieuse, semblait assez irréductible à une approche biographique. L'auteur intègre à son ouvrage le récit des difficultés rencontrées à chaque étape, selon les interlocuteurs ou les institutions.

Le résultat montre l'engagement d'une frange de la jeunesse péruvienne dans une aventure aussi dramatique. Les fractures sociales, territoriales et ethniques y sont certes pour quelque chose. Mais il fallait tout de même un bon degré de délire collectif pour se lancer dans une voie aussi violente, poussant la logique avant-gardiste jusqu'à nier toute autonomie des sujets sociaux.

Banalité du mal

Mû peut-être par le ressentiment du bâtard en quête de revanche, Abimael Guzman apparaît comme un bureaucrate, enfermé dans son gynécée, un appartement de Lima, éloigné du théâtre des opérations, à l'abri des représailles suscitées par son action. Depuis le procès où Hannah Arendt évoquait la banalité du mal, on sait que le bureaucrate démiurge peut être aussi pervers que les exécutants des basses oeuvres.

L'histoire du Sentier lumineux n'est pas finie, car des vestiges de la guérilla dopée par le trafic de drogue continuent à sévir dans des régions reculées du Pérou. A Lima, un mouvement pour l'amnistie regroupe des sympathisants décidés à obtenir la libération d'Abimael Guzman et des autres prisonniers, à passer l'éponge sur leurs crimes et à lancer un nouveau mouvement politique. Ailleurs, le cocktail mortel de l'idéologie et du sectarisme continue à faire le malheur des peuples.

La Quatrième Epée. L'histoire d'Abimael Guzman et du Sentier lumineux, Santiago Roncagliolo, Ed. du Cerf, 270 p., 24 €.

mercredi 16 mai 2012

lundi 7 mai 2012

La quatrième épée du communisme international


Ce petit dessin humoristique montre l'une des interrogations du Pérou : après des années de déni ou de gêne quant à la période de terrorisme (en conflit ouvert de 1980 à 2000, avec une baisse certaine après la capture du leader du Sentier lumineux en 1992, et beaucoup plus sporadique depuis), les nouvelles générations vivent dans la méconnaissance de cette époque et de ses acteurs.
Abimaël Guzman, puisque c'est de lui qu'il s'agit, est actuellement emprisonné dans la base navale du Callao, condamné à perpétuité. On a voulu le cacher et l'oublier, avec un certain succès. Mais il faut aussi maintenir une certaine mémoire, une connaissance des événements historiques et une transmission. L'exposition Yuyanapaq au Musée de la Nation est méritoire, mais isolée.

Si le thème du Sentier lumineux ne s'invite dans le débat public que lors des actions violentes régulières qu'il provoque encore (post à venir sur la prise d'otage du mois dernier), il est un autre domaine où la réflexion avance : dans la littérature. Plusieurs romans récents évoquent le Sentier lumineux, les difficultés post-conflit, la violence dans la société : voir Alonso Cueto, Daniel Alarcon, Santiago Roncagliolo, Raul Tola... 
L'un de ces écrivains, Santiago Roncagliolo, a tiré d'une enquête sur le sujet un essai romancé, légèrement polémique à sa sortie en 2007, mais très instructif et éclairant. Estimant que cela pouvait intéresser le public francophone, je l'ai traduit et préfacé : vous pouvez donc découvrir La quatrième épée, l'histoire d'Abimaël Guzman et du Sentier lumineux, sorti en avril 2012 aux Editions du Cerf et disponible ici sur Amazon.
Ce qui est intéressant, c'est que contrairement aux "quick books" comme ceux qui sortent dès aujourd'hui , 7 mai, sur l'élection présidentielle d'hier, celui-ci ne s'est pas périmé en cinq ans : plusieurs personnages interrogés dans le livre ont changé de fonctions, mais font toujours partie des protagonistes de l'histoire. Les problématiques évoquées, comme l'avenir du Sentier lumineux, ses liens avec le narco-trafic, le positionnement politique vis-à-vis du terrorisme, la difficile réinsertion des prisonniers sentiéristes, la mémoire du conflit..., se posent encore dans les mêmes termes, et le livre donne le recul nécessaire pour les appréhender. Roncagliolo tient admirablement sa place au cours de cette enquête, sachant montrer les limites de son rôle de journaliste et se remettre en cause. Amis lecteurs, n'hésitez donc pas !


dimanche 6 mai 2012

Pourquoi n'utilise-t-on pas de plan au Pérou ?

Dans la rue, aux arrêts de bus, dans les maisons ou les portefeuilles des gens, il n'y a pas de plan de Lima, ni de la ville ni encore moins des lignes de bus. Dans les bus eux-même, il n'y a que trois sources d'information : 
- le bus lui-même, dont la couleur, le numéro et l'itinéraire de la ligne sont rappelés à la peinture : Universitaria, La Marina, Javier Prado, Abancay... 
- le cobrador, fidèle assistant du chofér qui rappelle ses destinations à grands cris (Toda la marina la marinaaa, Javier Pradoooo) mais sans rien ajouter en termes d'indications géographiques ; il renseigne également les éventuels passagers hésitant à monter à bord, l'essentiel de son travail consistant moins à faire payer qu'à embarquer le plus de monde possible ; 
- et à l'intérieur du bus, un autocollant réglementaire sur une fenêtre précisant le parcours de la ligne, mais en se contentant de rappeler le trajet général sans précisions supplémentaires sur les avenues croisées, les autres lignes, les correspondances... 
Le plan de ligne le plus complet jamais trouvé en 15 mois  

A part cela, aucun plan, rien d'écrit ou de formalisé. Chacun a ses propres références, selon l'endroit où il habite et ses habitudes de déplacement, ce qui est très subjectif. Chacun connait certaines choses, mais personne ne maîtrise le système. Étonnant pour une ville de 8 millions d'habitants. Cela oblige à demander aux autres de partager leur vécu : 
- Comment va-t-on a tel endroit, amigo ? 
 - A ver... Tu prends la 128, qui est blanche avec des lignes vertes et rouge, ou alors les combis qui disent Todo Carabayllo, Abancay, et tu descends après l'église de Lince. 

Je me prends parfois à imaginer, dans le style de Jorge L. Borges, qu'il existerait quelque part un Grand Répertoire des Lignes de Transport Public, jalousement gardé par une autorité administrative, qui aurait interdit sa consultation pour une raison oubliée. La Gerencia de Transporte Urbano, ou GTU, citadelle bureaucratique imprenable, est toute désignée : mal connue mais discrètement omniprésente, elle annonce régulièrement des réformes ambitieuses mais dont les projets sont si éloignés des réalités de la rue que c'en est troublant. J'imagine des bureaux dans les hauteurs du Ministère des Transports, des salles d'archives remplies de programmes de réforme du système restés lettre morte, des inventeurs de nouvelles conceptions stratégiques de planification des lignes assiégeant les hauts fonctionnaires pour leur proposer des innovations, et qu'il faut éconduire d'un regard las ; et surtout ce tabou interne dont la raison disparue veille encore : surtout, ne pas laisser sortir des bureaux un plan des lignes de la ville ! L'impact sur les représentations mentales des habitants et leur vision de la capitale, de sa géographie, de l'appréciation des distances, serait une sorte de test psychologique sur la population, mené grandeur nature et avec des résultats si effrayants qu'on n'oserait pas arrêter l'expérience...

samedi 5 mai 2012

Museo Metropolitano - une anecdote

Une anecdote découverte au Museo Metropolitano : lorsque les Chiliens occupèrent Lima pendant la guerre du Pacifique (1879-1883), la ville fut saccagée. Très nationalistes face à l'occupation, de nombreuses Liméniennes  marquèrent leur refus de la présence chilienne en se mariant en noir, symbole de deuil. C'est bien une mariée sur la photo de droite...

Museo Metropolitano de Lima

Depuis décembre 2011, un nouveau musée a ouvert à Lima : le Museo Metropolitano. Si vous passez à Lima, courrez-y ! 
Comme son nom l'indique, il dépend de la ville de Lima, et les salles d'attente passent en boucle des vidéos de présentation des réalisations municipales, construction de nouveaux équipements et réhabilitation de places. C'est habituel. Une fois que suffisamment de monde est présent, la visite guidée peut commencer...

Le musée est situé dans le Parque de la Exposition, grand parc de Lima où ont lieu pas mal de grands événements, et plus précisément dans le bâtiment autrefois occupé par le Ministère des Transports et Communications, un bel édifice blanc de 1925 de style français. Le parcours est rudement bien aménagé, entre les parties historiques du bâtiment et les autres espaces tout modernes. La première salle, sous une grande verrière, donne le ton : on est invités à s'allonger sur la moquette, les lumières s'éteignent, et le célèbre ténor national, Juan Diego Florez, commence à chanter "Lima de veras" sur la verrière, chanson en hommage à la capitale, tandis que s'affichent diverses vues de la ville et de ses habitants. Pas poussiéreux pour deux sous, ce musée !

Le parcours de deux heures serpente ensuite de salle en salle, chacune décorée dans un style historique, en revenant sur plusieurs millénaires d'histoire de la région et de la ville, avec à chaque fois des maquettes animées, des vidéos en très grand écran, des hologrammes criants de vérité (on se retrouve à dialoguer avec Ricardo Palma, auteur des Tradiciones Peruanas que tout Péruvien a étudié à l'école), des films en 3D, dont une spectaculaire reconstitution de bataille entre les cultures Lima et Huari, vers l'an 600, et même 4D avec le tremblement de terre de 1746, suivi d'un raz-de-marée qui détruisit le Callao : film en relief, salle qui tremble et lustres qui tombent !

A chaque époque, des films historiques de très bonne qualité restituent l'ambiance, les décors, les costumes, les bons mots. Les Péruviens y retrouvent toute leur histoire, ainsi que leurs souvenirs d'enfance lorsqu'on avance vers le XXe siècle : radionovelas, aménagement de la ville, styles musicaux... On se déplace en permanence, sans jamais s'ennuyer, la muséographie est innovante : par exemple, des mannequins s'animent par des jeux subtils de lumière sur leur visage, d'autres nous présentent leur reflet-vidéo dans un faux miroir... C'est vraiment un musée d'une exceptionnelle qualité, à voir sans hésiter !!

Plus d'images avec le making-of des films (précédé d'une minute trente d'introduction que vous pouvez passer), pour vous montrer le travail impressionnant derrière tout cela :

Pour les infos pratiques : c'est fermé le lundi comme tous les musées péruviens, ouvert les autres jours de 9 à 17h. Depuis l'ouverture, tarif spécial de 4 sols soit moins d'un euro, mais ça passera bientôt à 11 sols, ce qui est très raisonnable pour un tel musée :)

mardi 1 mai 2012

jeudi 26 avril 2012

Le temps passe trop vite...

... ce troisième séjour péruvien se finit demain soir. Je m'occuperai de publier plus tard. En attendant, tout va excellemment bien.

samedi 21 avril 2012

Dans les réserves des musées

Les musées péruviens ont des réserves dont on n'imagine pas la richesse. Des dizaines et des dizaines de mètres linéaires d'étagères où s'empilent les fardos funerarios rapportés des campagnes de fouilles de Julio C. Tello, dans les années 1939-1940, et qui n'ont toujours pas été ouverts, avec dans chacun d'eux, une momie en position foetale enveloppée pour l'éternité.
Des centaines de cases où reposent des crânes Paracas, Nazca ou Inca, certains trépanés une, deux ou cinq fois, certains momifiés gardant la peau sur les os, certains avec encore tous leurs cheveux, certains avec les yeux et la bouche fermés par une épine de cactus.
D'autres salles où reposent des sceptres de bois, des pagaies, des statuettes.
D'autres encore avec des kéros, des vases cérémoniels, des coupes, des huacos, toutes sortes de céramiques.

Tant de choses qui restent encore por investigar. Les archéologues n'ont jamais le temps de publier tout ce qu'ils étudient, et les résultats des fouilles ne sont parfois connus que des décennies plus tard (si ce n'est à titre posthume...). C'est pour cela qu'existent les musées. Pour abriter ces données pour l'éternité, permettre à des chercheurs, un jour, de se mettre à l'ouvrage pour reprendre le travail là où il avait été laissé. Pour conférer aux objets les plus représentatifs un nouveau statut, les métamorphoser en oeuvres d'art, ou en témoins d'une époque, d'une technique. Pour les conserver, les protéger, les restaurer, les exposer, les expliquer.
J'aime marcher dans les réserves et comprendre intimement cela.

jeudi 19 avril 2012

mercredi 18 avril 2012

mardi 17 avril 2012

Les chats de Miraflores

Dans le quartier chic de Miraflores, derrière l'église qui trône au milieu du fameux parque Kennedy, il y a un panneau où est écrit : "Interdit d'abandonner des chats sur la voie publique". C'est donc bien naturellement que ce lieu est devenu le principal endroit pour abandonner son chat. Quelle idée d'installer un tel panneau, vraiment. C'est à se demander comment fonctionne la relation de cause à effet entre l'injonction administrative et l'abandon de chats...

Comme ces chats abandonnés sont légion, et se sont approprié le parc Kennedy où on les voit se promener en permanence, surtout la nuit, ils attirent pas mal de monde : des passants curieux, des amis-des-animaux venus les nourrir, des parents à la recherche d'un animal de compagnie pour leur enfant... 
Avis aux amateurs, grand choix de matous à adopter : des blancs, des noirs, des roux...

Des plaisirs simples de la vie

Ecouter Justin Bieber à la radio en dégustant des anticuchos sur la plaza de armas d'un village paumé, une Inca Kola à la main, ca n'a pas de prix.


Pour information, les anticuchos, ce sont des brochettes de coeur de boeuf mariné dans plein de bonnes choses. Les anticucheras, ces braves femmes, les font cuire à la demande, accompagnées de pommes de terre et parfois, de yapa (en rab), de tripes (à droite sur la photo). Et c'est délicieux !

samedi 7 avril 2012

Solmaforo

Tout comme il existe des semaforos (feux rouges) pour réguler la circulation, il existe des solmaforos pour indiquer le niveau d'exposition aux UV. C'est une invention chilienne assez récente qui commence à se répandre : il y a plusieurs solmaforos à Lima, surtout sur la côte de Miraflores, pour informer les baigneurs et surfeurs.

Ils indiquent le niveau d'exposition aux UV : faible (vert), moyen (orange), élevé (orange), dangereux (rouge) et extrême (violet). Ces jours-ci, le solmaforo est au violet : exposition extrême aux UV... Il est donc déconseillé aux "peaux blanches" de sortir au soleil plus de 15-20 minutes, et aux peaux plus foncées (piel trigüeña) plus de 20-40 minutes.
Les bonnes crèmes solaires ne vont pas à 50, mais au-delà : le niveau de protection dépasse facilement 75, voire 100. Je ne me souviens pas en avoir vu d'aussi fortes en France...

jeudi 5 avril 2012

mercredi 4 avril 2012

Revue de presse

La presse quotidienne au Pérou est assez particulière.
Quelque chose qui manque souvent, c'est une synthèse ou un résumé des épisodes précédents. On a beau trouver les dépêches AFP arides, il faut au moins leur reconnaître une remise en contexte assez claire. Alors que pour un bon nombre d'articles péruviens, il faut avoir suivi tous les rebondissements et connaître le poste de chacun des acteurs mentionnés pour comprendre où en est l'affaire : comme la plupart des histoires (scandales politiques, sexuels...) sont à feuilleton, on compte vraisemblablement sur l'attention quotidienne des lecteurs pour ne pas avoir à rappeler quelle est la situation. Mais il me semble souvent que l'information y perd : il ne s'agit plus d'articles de fond sur une affaire, mais une simple mise en forme journalistique des dernières déclarations, sans commenter leur intérêt, leur signification.

Petit tour d'horizon des nouvelles récentes.

En politique, la grosse affaire du moment, c'est le chuponeo au Callao, le port de Lima. Une sombre affaire d'interceptions téléphoniques révélant diverses affaires de corruption et d'élections truquées. Comme c'est, pour le coup, un véritable feuilleton, je ne sais pas trop depuis combien de temps ca dure et sur quoi ca va déboucher (parmi les personnes mises en cause, il y en a qui étaient déjà bien corrompues au temps de Fujimori et qui sont toujours à de hautes responsabilités...), et il n'est même pas toujours simple de comprendre qui est accusé. Sont-ce les personnes dont les conversations ont été enregistrées, ceux qui les ont appelés (du style un faux fonctionnaire responsable des processus électoraux signalant où en était le dépouillement et dans quelle mesure il était encore possible de faire évoluer les résultats) ou bien encore ceux qui ont commandé ces interceptions pour les faire chanter ?  Ca n'est pas toujours très clair !
Pour ceux que ca intéresse, voici un article sur l'ethique journalistique et ces écoutes télephoniques : le consensus péruvien semble être de dire que si ces écoutes peuvent permettre de révéler des délits et servir d'amorce à une enquête plus approfondie, alors les révéler dans la presse ne pose pas de soucis. Mmm... Ca peut paraître critiquable, mais c'est vrai que s'il fallait attendre que l'enquête démarre toute seule...

Autre affaire, révélé par El Comercio : le premier exportateur d'or du Pérou s'avère être... le Directeur général des hydrocarbures du Minem, le Ministère de l'Energie et des Mines. Fondateur d'une société d'export qu'il gérait avec son frère, Universal Metal Trading, il a fait sortir 20 tonnes d'or en 2011, pour plus de 900 millions de dollars. Qui plus est, cet or proviendrait surtout de zones d'exploitation illégale. Preuve de réactivité du Minem, il a été mis fin à ses fonctions au lendemain de la publication de l'article. La presse a donc, malgré ses défauts, un rôle et un pouvoir réels.
Minería toujours. A La Oroya, une des villes les plus polluée du monde par les métaux lourds et les déchets de l'activité minière, un plan de préservation de l'environnement a été décidé. Oui mais voilà, l'entreprise Doe Run exige 800 millions de dollars pour accepter la mise aux normes... Une sorte de chantage à la restructuration. Comme les entreprises minières sont en situation de force, elles ont tendance à en abuser ; dans ce cas, c'est presque indécent. Perú21 présente les choses de facon intéressantes : il ne se contente pas de présenter le conflit entre l'Etat et l'entreprise minière, mais rappelle que c'est "notre argent" qui est exigé. Un journal soucieux du bien public, voilà qui fait plaisir à lire :)

Les derniers chiffres sur la pauvreté au Pérou ont été publiés la semaine dernière et montrent qu'elle est  en baisse continue, grâce à la croissance forte de ces dernières années. Le niveau de pauvreté est passé de 58% en 2004 à 30% en 2010, si on prend en compte la pauvreté monétaire. Le "panier de la ménagère" de base est estimé, vu les évolutions de consommation, à 260 soles par mois et par personne, c'est-à-dire 75 euros. Les différences géographiques sont encore très marquées : le niveau de pauvreté est de 15% à Lima, 20% en milieu urbain et... 60% en milieu rural. Mais la tendance globale est très nettement à la baisse. Peut-être qu'après tout, le mandat d'Alan García (2006-2011) n'était pas si mauvais, bien au contraire...

lundi 2 avril 2012

De l'influence du climat

C'est encore l'été au Pérou, du moins sur la côte.Il fait 25 degrés le matin, 28 l'aprés-midi, et la température chute á 20 degrés pendant la nuit, avec une différence cependant avec nos étés : l'air est extrêmement humide, ce qui donne une moiteur toute particuliére á l'atmosphére (désolé, je nái pas encore retrouvé l'accent grave).
Une importante conséquence de ce climat, c'est la faible séparation entre extérieur et intérieur.

Cela se ressent dans l'architecture : les maisons n'ont pas besoin d'isolation, puisqu'il ne pleut pas et qu'il ne fait pas trés froid en hiver. Du coup, les fenêtres sont légéres, coulissent au lieu de fermer vraiment, il y a beaucoup de grilles... Puisque les constructions sont peu soumises aux normes d'isolation, il est beaucoup plus facile de bricoler soi-même, de rajouter une piéce, un étage, avec un peu de briques ou quelques tôles. Le côté anarchique et inachevé de pas mal de constructions en témoigne. L'intérieur des maisons est souvent plus frais et plus sombre qu'au dehors, mais sans jamais en être complétement coupé.

 Cela se ressent aussi dans la facon de s'habiller : puisqu'il fait chaud de facon tres stable, et que la température ne varie pas beaucoup d'un lieu a un autre, pas besoin de s'abriter, de se couvrir pour sortir ; un polo ou une chemisette suffisent (du moins pour ceux dont le travail n'impose pas de tenue particuliére). Mais en dehors du travail, on peut se promener dans la rue sans trop se changer, il y a une grande porosité vestimentaire entre intérieur et extérieur. Concretement, on croise beaucoup de personnes que l'on dirait en pyjama...

 Dans la rue, on ne fait pas que circuler, on y vit aussi. Certaines professions y vivent á l'année, toute la journée : vendeurs ambulants de glaces ou de mille petits autres trucs, policiers, agents de sécurité (guachimán) kiosquiers, et bien sûr tout le personnel du transport public. Pour le reste, tout le monde y passe fréquemment : nombreux sont ceux qui mettent plusieurs heures chaque jour pour aller á leur travail, ou tout simplement qui passent du temps dans la rue. On croise des collégiens en uniforme, des hôtesses d'accueil rentrant chez elles, des jeunes qui se retrouvent pour latear (traîner dans la rue), des amoureux, des retraités, des mamás qui font les courses, des gens qui font changer leurs sols en dollars ou inversement.

Les photos suivront.

Retour au Pérou

Un an au Pérou, en échange universitaire, en 2007-2008.
Deux mois en stage au Musée national d'archéologie, d'anthropologie et d'histoire, en 2009.
Le troisiéme séjour au Pérou sera d'un mois, et en vacances cette fois.

Arrivé depuis trois jours, le rythme revient progressivement et les souvenirs remontent á la surface : l'espagnol et la jerga limeña, l'humidité de l'air, le parcours des micros et combis, les avenues de Lima, les attentes... Je pense donc en profiter pour reprendre la publication trop longtemps interrompue !

samedi 7 janvier 2012

La estrella de Belén

En ces temps d’Épiphanie, voici une chanson de circonstance, par ces charmants comiques de QueInsania. Tourné dans le désert péruvien, voici, señoras y señores, damas y caballeros...
...Los Reyes Magos!

dimanche 25 décembre 2011

vendredi 11 novembre 2011

Le top 12 des têtes de lamas les plus moches

Juste pour rire : le top 12 des têtes de lamas les plus moches. On trouve de tout sur internet, amusons-nous un coup !