Fin de la Conférence Mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre mère, qui vient de se tenir en Bolivie. Le discours final, qui vaut son pesant de cacahouètes, mêle les prévisions les plus pessimistes du GIEC au discours anti-capitaliste le plus radical (nous vivrions "la crise terminale du modèle de civilisation fondé sur la soumission et la destruction des êtres humains et de la nature, qui s'est accéléré avec la révolution industrielle"), prône l'adoption d'une Déclaration universelle des droits de la Terre mère, et exige des "pays développés" qu'ils assument le coût des centaines de millions de migrants climatiques qui ne tarderont pas à arriver.
Le Monde n'y voit qu'un généreux "appel populaire à un tribunal du climat", où les victimes du changement climatique se font enfin entendre. Plusieurs journaux sud-américains ont eu, de leur côté, la bonne idée de relever quelques phrases d'Evo Morales qui coincent un peu. Ce n'est pas parce qu'il est Bolivien, syndicaliste, indigène, de gauche ou quoi que ce soit qu'on n'aurait pas le droit de creuser son discours : voici donc le plus gratiné.
- "Le poulet que nous mangeons est bourré d'hormones féminines. A cause de cela, quand les hommes mangent ces poulets, ils ont des déviations dans leur identité masculine", assure Evo, tandis que le boeuf aux hormones développe prématurément la poitrine des jeunes filles : il faudrait donc "s'alimenter exclusivement avec des animaux créoles", bien de chez nous, sans OGM. Car c'est bien connu, le poulet aux hormones cause l'homosexualité.
- "La calvitie, qui semble normale, est une maladie en Europe, ils sont presque tous chauves. C'est à cause de ce qu'ils mangent. Alors que chez les peuples indigènes il n'y a pas de chauves, parce que nous mangeons d'autres choses. Dans cinquante ans tout le monde sera chauve" en Europe, à l'en croire.
- "Notre pomme de terre originaire [= autochtone, bien de chez nous, de souche] est satanisée", les patates hollandaises qui arrivent en Bolivie contiennent des hormones de poisson et doivent être épluchées, parce que leur peau contient du venin concentré, alors que les patates boliviennes peuvent se manger avec la peau.
- Plus drôle encore, une diatribe contre le Coca-Cola, symbole traditionnel de l'impérialisme yankee : d'après Evo, les plombiers utiliseraient le Coca-Cola pour déboucher les toilettes, tellement il contient de produits chimiques. Lui-même serait tombé malade après avoir bu du Coca dans les années 1990, alors qu'il tient si bien la chicha, c'est donc que ce n'est pas un produit naturel et sain. Cette théorie du Coca comme déboucheur de canalisations est connue, d'ailleurs il existe plein d'autres légendes urbaines sur le Coca-Cola : les ouvriers de Fiat utiliseraient du Coca comme dissolvant sur les chaines de montage, il dissoudrait un morceau de viande en trois jours, ou encore serait contraceptif...
Le reste du discours est à l'avenant. Evo Morales vient d'ailleurs de créer le Ministère de la Terre mère, et plusieurs députés boliviens ont proposé son nom pour le Prix Nobel de la paix. Mais bien sûr ! Sacré Evo : s'il n'existait pas, il faudrait l'inventer.
Le reste du discours est à l'avenant. Evo Morales vient d'ailleurs de créer le Ministère de la Terre mère, et plusieurs députés boliviens ont proposé son nom pour le Prix Nobel de la paix. Mais bien sûr ! Sacré Evo : s'il n'existait pas, il faudrait l'inventer.





